Triskalia développe le canard gras

19 septembre 2017

AVEC PRÈS DE 80% de la production mondiale, les bassins français principaux sont le Sud-Ouest et les Pays de la Loire. Mais la Bretagne n’est pas en reste et Triskalia, qui produit déjà environ 450000 canards gras chaque année, souhaite développer son parc. Tour d’horizon de cette production...

Bâtiment d’élevage de canards gras.

Bâtiment d’élevage de canards gras.

On appelle canard gras le palmipède dont l’élevage permet la production du foie gras. Plusieurs espèces peuvent assurer cette production, mais en France il s’agit le plus souvent du canard Mulard. Cette espèce est issue du croisement entre un mâle canard de Barbarie (issu d’une espèce sauvage d’Amérique du Sud, c’est le canard maigre, qui produit notamment le filet ou le canard à rôtir) et une femelle canard Pékin (même espèce que le canard colvert, sa production est minoritaire en France mais très développée en Asie par exemple). On parle aussi de canard PAG (Prêt À Gaver), qui désigne plus spécifiquement l’animal issu de la phase d’élevage avant gavage.

L’élevage du canard gras

Le Mulard est une espèce très rustique, qui s’élève sur paille et avec un accès à un parcours extérieur. On peut distinguer trois phases dans son élevage :
Le démarrage comprend la période de l’arrivée des animaux, juste après éclosion au couvoir, jusqu’au début de leur sortie sur parcours, vers trois semaines si la météo est favorable. Durant cette phase les canetons sont fragiles et ont besoin de chaleur et d’un bon accès à l’eau et à l’aliment.
L’engraissement est la période allant de trois à huit semaines de vie des animaux. La rusticité des souches leur permet de gérer les variations de température, et un bâtiment bien au sec sur paille, avec un parcours extérieur suffisant, ainsi qu’un accès à l’eau et à l’aliment en continu, font leur bonheur. C’est durant cette phase que leur croissance est la plus importante.
Le pré-gavage est la phase technique de l’élevage. Elle s’étend de huit à douze semaines de vie des animaux et a pour objectif de stimuler le métabolisme de stockage des lipides dans le foie ainsi que de développer le jabot des canards.
Cette étape clef conditionne la bonne réussite du gavage.

Les animaux sont élevés en bâtiment à une densité de 3,5 à 4,5/m2, en claustration complète durant la période hivernale afin d’éviter tout risque de contact avec les oiseaux sauvages migrateurs. L’été, ils peuvent sortir sur parcours, et on peut alors élever jusqu’à 8 sujets/m2 de bâtiment, avec environ 1ha de parcours pour 1000  m2. Le respect d’un vide sanitaire de 14 jours détermine une production de 3,5 lots par an.

Le gavage

L’élevage et la préparation au gavage terminés, vers douze semaines, les canards sont transférés chez des éleveurs spécialisés pour être gavés. Durant cette périodeles animaux sont placés en petits groupes dans des cages respectant les normes de bien-être animal, et sont nourris individuellement
deux fois par jour. Ils consomment entre 20 et 23 repas très riches en maïs leur permettant de stocker une grande quantité de graisses dans leur foie.

Qu’est-ce que le foie gras ?

Le foie est dit gras suite à l’accumulation de lipides dans les cellules hépatiques. On parle de lipidose hépatique ou de stéatose hépatique. Chez l’homme et la plupart des mammifères un foie en lipidose est un foie malade. Ce n’est pas le cas pour les oiseaux migrateurs tels que le canard. En effet, avant de partir pour leur long voyage, les migrateurs se nourrissent abondamment et stockent sous forme de lipides dans le foie une quantité importante d’énergie, indispensable à la traversée qui les attend. C’est cette capacité de stockage physiologique et réversible qui est exploitée dans la production
du foie gras, et qui donne ce mets de fêtes si prisé.

Triskalia souhaite agrandir ses surfaces d’élevage

La demande de produits issus des canards mulards, le foie gras en tête, est en constante augmentation. Les pays asiatiques sont notamment très demandeurs.
La coopérative bénéficie d’une capacité à produire du caneton grâce au couvoir Couvéo à Pontchâteau. Elle est également un fournisseur privilégié de Procanar à Lauzach, groupe LDC, outil d’abattage et de transformation en pleine rénovation pour répondre à la demande croissance.

Les structures d’élevage nécessaires à la production du PAG doivent idéalement comporter un bâtiment isolé et régulé permettant un démarrage optimum ainsi que des bâtiments de desserrage avec accès sur parcours, ou un bâtiment équipé permettant d’assurer toute la phase d’élevage sans transfert. Un bâtiment de desserrage peut être de structure sommaire, tel que ce 1200 m2 constitué de deux serres accolées, adapté pour une ventilation manuelle transversale.
Des bâtiments ou hangars existants peuvent être aménagés, tant que les mesures de biosécurité sont applicables, c’est-à-dire présence d’un sas sanitaire à deux zones, protection du site contre les intrusions, abords propres et dégagés…

Afin d’augmenter ses capacités de production tout en assurant la protection des canards vis-à-vis de l’influenza aviaire, Triskalia recherche des éleveurs
motivés par un investissement dans cette production haut de gamme, ou ayant des structures existantes compatibles pour une rénovation.
Un accompagnement technique spécialisé pour définir la viabilité des projets présentés et suivre leur mise en œuvre est proposé (achat et installation du matériel, mesures de protection sanitaire, suivi rapproché des premiers lots…), et un soutien financier à l’installation est accordé.

 

Contact
Jean-Marc Le Trionnaire
Responsable technique
06 60 67 29 56

Le mot de Frédéric Guého, technicien Triskalia

« L’élevage de canards Prêts À Gaver (PAG) demande une présence importante au démarrage, comme pour les autres volailles. Le nursing passe par des visites fréquentes pour suivre le comportement des animaux. Après cela, la gestion du paillage régulier devient le fer de lance, mais des solutions de mécanisation existent en fonction des tailles d’exploitation. La phase de rationnement requiert une présence particulière, car le bon développement du jabot est la clef du gavage.
Le mulard génère une marge PA de 2,2 à 2,7 €/canard selon les résultats techniques, avec des charges variables d’environ 0,55 €/canard, comprenant la paille, l’eau, l’électricité, le gaz et les frais d’hygiène et vétérinaire. »

 

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