Réduction d’intrants, une démarche de fond

9 janvier 2017

Depuis deux ans, le mouvement s’est accéléré au sein de l’activité légumes industrie de Triskalia en faveur d’une production plus économe en intrants. Une démarche gagnante qui a débouché en 2016 sur des partenariats forts en aval et le soutien de la Région.

tracteur dans un champ de pois en Bretagne

Passage de la herse étrille dans des pois.

La filière légumes industrie est particulièrement concernée par les évolutions réglementaires et les débats sociétaux autour de la protection phytosanitaire et de la fertilisation. Tout en défendant le maintien de solutions de protection efficaces, l’Organisation de Producteurs (OP) s’est engagée dans une démarche de réduction des intrants, qui vise à soutenir une production pérenne : accessible au consommateur (le légume transformé est un produit de grande consommation), qualitative, respectueuse de l’environnement et de la santé, et viable pour tous les maillons de la filière.

Améliorer l’existant

L’approche la plus immédiate consiste à se pencher sur les itinéraires techniques habituels pour améliorer l’existant : Sur la culture (utilisation des produits alternatifs disponibles, choix des molécules sur la base d’un bilan efficacité / résidus, piégeage d’insectes, sondes irrigation, agriculture de précision…) ; à l’échelle de la rotation (choix des espèces, des couverts, programmes de désherbage en grandes cultures (voir Triskalia Magazine de septembre 2016).

À l’aide d’essais ou d’une analyse statistique des pratiques à grande échelle, on tire des enseignements sur les usages phytosanitaires qui peuvent être réduits ou non. Par exemple en 2016, pour les pois, seulement 2 programmes de désherbage au semis sur 4 homologués ont été retenus. On peut aussi citer le choix de bannir les anti-limaces à base de métaldéhyde au profit du Sluxx HP (homologué AB), ou le développement à grande échelle du binage en choux en réduisant les herbicides. La mise en place d’outils modernes de suivi, de traçabilité, et d’échange, nous permet également de mieux cibler nos actions avec une meilleure réactivité.

Imaginer les pratiques de demain

Pour préparer le moyen et long-terme, c’est une démarche de recherche et développement importante qui a été engagée. Il faut identifier les méthodes alternatives intéressantes, les expérimenter dans le contexte breton, améliorer les protocoles, retester… Par exemple, le désherbage mécanique des épinards, pois ou haricots est actuellement en phase de perfectionnement. Des fertilisants alternatifs comme le Locacell vont également évoluer pour tenir compte des observations des deux dernières années. Enfin, l’OP démarre des développements en lien avec les nouvelles technologies, dans le domaine des drones et de la robotique, en exploitant au champ l’imagerie, les capteurs…

Une démarche collaborative

Tous ces développements sont accélérés par l’émulation entre les parties prenantes : producteurs, techniciens, industriels, clients de la GMS, chercheurs des instituts techniques, fabricants de matériel… c’est pourquoi des réunions mixtes sont souvent organisées, impliquant à minima les producteurs du GIEE légumes industrie de l’OP et des membres du service agro.

 

Serge Papin président de Système u dans un champ de brocolis avec Georges Galardon président de la coopérative Triskalia

Georges Galardon, président Triskalia et Serge Papin, président de Système U
ont visité une parcelle du père de François Le Bihan (à droite), producteur de légumes à Loudéac (22).

Une valorisation auprès des clients aval et de la Région

Cette démarche s’est concrétisée en 2016 par des partenariats et des soutiens importants :

– Le 14 septembre dernier, Serge Papin, président de Système U, est venu à Loudéac pour le renouvellement du partenariat liant l’enseigne à Gelagri, et le lancement d’une gamme de légumes surgelés à marque U avec des teneurs en résidus plus limitées que les normes en vigueur l’occasion d’expliquer très concrètement les efforts réalisés au niveau de l’amont agricole.

– De son côté, Picard Surgelés via Ardo Gourin a fait le choix de notre OP pour un travail d’innovation sur les systèmes de culture, impliquant en particulier 4 producteurs en collaboration avec l’INRA.

– Enfin, du fait de la qualité de nos projets, la région Bretagne a récemment apporté son soutien, y compris financier, aux actions réalisées en 2015 et 2016.

Autant d’exemples qui permettent d’inscrire la production dans la durée, pour une meilleure sécurité des débouchés. Ils nous aident à communiquer auprès des consommateurs et des pouvoirs publics sur la réalité de nos pratiques, affirmant ainsi le savoir-faire des équipes de Triskalia.

Julien Prat

Service légumes industrie

 

 

Agri Confiance : apporter au consommateur la garantie des efforts réalisés et des résultats obtenus

logo agriconfiance

 

L’Organisation de Producteurs (OP) Légumes Industrie a toujours été l’une des premières à intégrer les nouvelles normes de qualité. Dans le cadre de son engagement Agri Confiance, l’OP est certifiée depuis 2014 pour la norme NF V01-V007 qui couvre à la fois les aspects qualité et environnement. Cela signifie que tous les efforts déployés en faveur d’une production plus économe en intrants sont audités et certifiés par un cabinet extérieur. Qu’il s’agisse des expérimentations, des itinéraires techniques préconisés, des pratiques mises en oeuvre et des contrôles rési-
dus, la certification permet de garantir aux industriels et à leurs clients que notre discours se traduit bien dans les actes quotidiens des producteurs et des équipes de Triskalia.

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