Poule plein air : une rénovation à “n’œuf” !

22 mai 2017

Rénover et s'aggrandir pour répondre au marché, mais pas que… Patrick Le Corre projette d'engager de lourds travaux sur son atelier de poules pondeuses en plein air pour optimiser la production et rationaliser la main d’œuvre.

aviculteur poule pondeuse plein air

Grâce à la rénovation de l’élevage, Patrick Le Corre compte améliorer de façon significative les conditions de travail.

« Lorsque je me suis installé, voilà près de 3 ans, la production d’œufs en plein air n’avait pas trop le vent en poupe, se souvient Patrick Le Corre, éleveur à Ergué-Gabéric, près de Quimper (29). On assiste aujourd’hui à un virage brutal du marché avec une demande très forte en œufs issus de poules en plein air. »

Gourmand en main d’œuvre

Les parents de Patrick se sont lancés dans l’élevage de poules reproductrices. Ils ont ensuite évolué vers l’œuf de consommation avec 14000 poules ayant accès à un parcours de plein air. « Les deux bâtiments pondeuses datent du début des années 1970, précise Patrick. Même s’ils ont subi des adaptations et rénovations, ils restent malgré tout gourmands en main d’œuvre, notamment lors des vides sanitaires. Le ramassage des œufs reste manuel et demande la présence de 2 personnes tous les matins, y compris dimanche et jours fériés. Par ailleurs, un élevage en plein air demande davantage de surveillance. Aujourd’hui l’exploitation emploie une salariée (depuis 30 ans fidèle à l’entreprise) et bénéficie de l’aide de mes parents, en retraite ! »

À cela s’ajoute la période difficile des vides sanitaires qui nécessitent cinq semaines très intenses en disponibilité, pour Grâce à la rénovation de l’élevage, Patrick Le Corre compte améliorer de façon significative les conditions de travail. démonter les équipements, les sortir, les laver, vider les fientes, nettoyer, désinfecter, remonter… De ce fait, les déjections n’étaient disponibles que lors de ces vidanges, donc pas forcément en lien avec les besoins d’épandage. Le projet nécessite donc une aire de stockage.

Un seul bâtiment en production

Le projet de Patrick porte sur la rénovation du parc bâtiment. Un seul des poulaillers en tant que tel sera conservé, rénové et agrandi, l’autre servira de fumière pour stocker les fientes. « Mon objectif est d’agrandir l’atelier pour passer à 20000 poules pondeuses, d’automatiser les équipements, de rationaliser la main d’œuvre et ainsi d’améliorer les conditions de travail. L’idée est de pouvoir gérer à deux l’atelier de ponte avec les 75 ha de cultures de vente. »

Un lien plus étroit avec les cultures

Dans son projet, Patrick Le Corre s’est fait accompagner par les services techniques du groupement. Il envisage d’allonger son bâtiment de 20  m et de rajouter un jardin d’hiver de 350 m² qui donne un accès à l’extérieur. L’intérieur sera également réaménagé. L’alimentation et l’abreuvement est également revu. Les œufs seront désormais convoyés par tapis vers la salle de conditionnement. «  Grâce à ces investissements, j’espère non seulement améliorer les conditions de travail, mais aussi le bien- être des poules et leur sécurité sanitaire, notamment en maîtrisant mieux l’ambiance et le parasitisme. Enfin, grâce à la rénovation, la gestion des amendements organiques sera simplifiée », explique l’éleveur, également très sensible à l’agronomie et à l’environnement.

Hervé Soubigou

Service communication

Section aviculture ponte : accompagner les évolutions

André Chouan, président de la section aviculture ponte, jusqu’au 9 mars dernier, revient sur la conjoncture très particulière que connaissent les producteurs d’œufs, confrontés à des exigences de la distribution, difficilement acceptables et réalisables.

Comment se situe le marché de l’œuf ?

Au regard d’une certaine forme de saisonnalité, la consommation diminue et l’offre étant toujours présente, les cours ont tendance à s’effriter. Cette baisse semble toutefois amplifiée par la difficulté grandissante à commercialiser dans les circuits de la grande distribution les œufs standards d’autant qu’il paraît ne pas manquer d’offre des productions alternatives.

Quelles sont les conséquences de l’influenza aviaire ?

L’influenza aviaire ne semble pas avoir d’effet sur les cours. Par contre, elle conduit à accentuer la vigilance des éleveurs quant aux consignes de biosécurité. Les mesures de confinement des poules plein air, prises dans certaines zones, font peser une menace sur le maintien de la classification “plein air” pour ces élevages et donc d’une bien moindre valorisation.

Dans ce contexte, quelles sont les orientations du groupe ?

Les équipes techniques de la coopérative accompagnent les éleveurs dans leur quotidien pour faire face à ces difficultés et le service de commercialisation des œufs optimise nos débouchés. Parallèlement, nous devons accompagner nos producteurs dans leur réflexion pour une nouvelle fois, après les mises aux normes de 2012, transformer leurs élevages et répondre aux exigences d’un marché dont la mutation est accélérée par une grande distribution. Cette dernière n’a malheureusement que faire des menaces économiques qui pèsent sur nos élevages.

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