L’abeille, outil d’aide à la décision ?

11 mai 2017

Depuis 2015, Triskalia a renforcé ses actions Planète Positive en mettant à disposition de l’Association de Développement Apicole de la région Bretagne (ADA Bretagne) huit nouvelles balances électroniques connectées.

abeille sur champ colza

Nous vous en parlions déjà en septembre 2016 (cf. Triskalia le Mag n°24), l’ADA Bretagne compte aujourd’hui 15 balances électroniques, placées chez des apiculteurs. Ce dispositif de ruches connectées via internet, surnommé “Optibee”, permet de suivre à distance tout au long de l’année l’évolution de la production de miel et aussi de savoir si les abeilles sont en bonne santé.

Il y a actuellement 15 ruchers :
• 3 dans le Finistère
• 4 dans les Côtes-d’Armor
• 2 dans le Morbihan
• 6 en Ille-et-Vilaine

Géolocalisation

Chaque ruche est géolocalisée, ce qui permet de voir les différences de comportement en fonction de son emplacement. Ceci afin de savoir si des épisodes climatiques particuliers perturbent
le bon déroulement de la saison de butinage.

Évolution du poids et de la température

Les deux paramètres suivis en continu par ces balances sont le poids et la température de la ruche. Le premier permet de voir l’évolution de la population de la ruche et de ses réserves (nectar, pollen, miel). L’indicateur le plus important est l’augmentation globale du poids qui signifie que la colonie se porte bien. En effet, le rôle principal de la colonie est de se reproduire (la durée de vie des ouvrières en saison active est de 5 semaines !) et de multiplier l’espèce par l’essaimage qui a lieu d’avril à juillet. Pour l’apiculteur, c’est aussi le moyen de mesurer le rendement de sa ruche en visualisant la quantité de miel produite. Le deuxième paramètre suivi est la température au sein de la colonie. En effet, pour qu’une colonie d’abeilles puisse vivre et se reproduire, la température au sein de la ruche doit être autour de 35 degrés entre début mars et fin octobre. Cette température est régulée par les abeilles via leur agitation. En cas de surchauffe, elles assurent la ventilation et l’apport d’eau, ce qui permet aux larves de se développer correctement. En période d’hivernage, la température diminue aux alentours de 15°C. Si la température descend en dessous de 8-10°C, l’abeille risque de mourir. Il faut donc suffisamment de réserves accumulées fin octobre pour garantir aux abeilles de passer l’hiver sans sortir de la ruche.

 

quotidien d'une ruche rythme abeille

 

Un outil de sensibilisation pour la protection des pollinisateurs

Le suivi en temps réel a permis aux apiculteurs et aux conseillers de l’ADA de mieux connaître les périodes de présence des abeilles à l’extérieur de la ruche, et donc d’aider les techniciens Triskalia dans la préconisation des meilleurs intervalles pour réaliser les traitements au champ. Afin de ne pas impacter les colonies à proximité des parcelles cultivées, il convient de respecter quelques règles élémentaires. Et ceci même si on ne voit pas les ruches : une abeille peut parcourir jusqu’à 2 à 3 km pour butiner. En période printanière, les abeilles sortent butiner dès le lever du soleil et ne rentrent qu’à la nuit tombée, entre 20 h et 22 h. Ce type de courbe permet de comprendre quand les abeilles sont actives. Il faut attendre le coucher du soleil pour traiter !

Guillaume GASC

Service agronomie

 

Rappel des bonnes pratiques : Favoriser la biodiversité

Il faut privilégier les mélanges complexes dans les couverts et associations fourragères. Au printemps, les abeilles ont besoin de cultures variées pour assurer le développement de la colonie. A l’automne, elles doivent constituer les réserves pour l’hiver. Les couverts avec du trèfle et de la phacélie et les prairies avec de la luzerne sont de bons garde-manger pour les pollinisateurs.

Adapter ses pratiques de protection des cultures

Côté grandes cultures, le colza produit du nectar et du pollen, constituants de l’alimentation des abeilles et autres pollinisateurs sauvages. Ces insectes sont donc présents dans les champs, principalement en période de floraison. Il convient d’en tenir compte dans le cadre de l’itinéraire technique de la culture, et plus particulièrement en ce qui concerne les traitements phytosanitaires, en respectant la réglementation et quelques précautions d’usage complémentaires :
• pas de mélange fongicide + insecticide (interdit d’associer triazole et pyréthrinoïdes)
• réaliser les interventions à 48 heures d’intervalle dans l’ordre suivant : insecticide puis fongicide
• traiter le soir (dans les 3 heures après le coucher du soleil, défini par l’éphéméride)
• il est interdit de traiter en présence d’abeilles, même si le produit comporte la mention “ abeilles ”.
Les fiches de bonnes pratiques de traitement en floraison du colza pour protéger les abeilles sont disponibles sur demande auprès des techniciens cultures de Triskalia.

 

Toutes les actualités