Etats​ ​Généraux​ ​de​ ​l’alimentation - 10​ ​propositions​ ​de​ ​Triskalia

30 août 2017

Alors que les travaux des États Généraux de l’Alimentation démarrent, Georges Galardon, Président de Triskalia et Dominique Ciccone, Directeur Général, souhaitent, exprimer, dans une logique constructive, leur position sur les chantiers​ ​mis​ ​en​ ​place.

président et directeur général de triskalia

Dominique Ciccone, Directeur Général et Georges Galardon, Président de Triskalia.

“En tant que dirigeants de Triskalia, groupe coopératif agricole et agroalimentaire majeur en Bretagne (4600 salariés, 16000 agriculteurs adhérents), nous voulons faire entendre notre voix.

En effet, de par son statut et son organisation (conseil d’administration composé d’agriculteurs, fonctionnement démocratique), notre coopérative, avec ses filiales de transformation agroalimentaire, s’inscrit pleinement dans les sujets abordés lors de ces Etats Généraux de l’Alimentation. D’autant plus que nous avons fait figure de précurseur en terme de traçabilité en nous engageant dans la démarche Agriconfiance dès 1996.

D’une manière générale, nous trouvons positif que ces Etats Généraux abordent le sujet en partant de la demande des marchés, c’est-à-dire de l’alimentation.

En revanche, nous regrettons qu’aucun des 14 ateliers ne s’intéresse véritablement à l’exploitation agricole (organisation, taille, orientation, fiscalité, administratif, compétitivité…) alors que c’est le premier maillon dans la création d’une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous.

La nomination d’Olivier Allain, agriculteur et vice-président à l’agriculture du Conseil Régional de Bretagne, en tant que coordinateur des Etats Généraux de l’Alimentation nous laisse espérer que les particularités des exploitations bretonnes orientées polyculture élevage ne seront ainsi pas oubliées.

Nous attendons de ces Etats Généraux de l’Alimentation qu’ils débouchent sur des actions concrètes en matière d’adéquation entre l’offre et la demande, de création de valeur et de rééquilibrage des forces en présence tout au long de la filière, du consommateur jusqu’au producteur. »

Voici une synthèse de nos réflexions en 10 propositions :

 La​ ​création​ ​et​ ​la​ ​répartition​ ​de​ ​la​ ​valeur

Promouvoir les contrats pluriannuels entre les transformateurs et les distributeurs, en renforçant les clauses de renégociations ​en cas de forte volatilité des marchés (à la hausse comme à la baisse).

Disposer d’un observatoire des prix et des marges qui soit le reflet fidèle de la réalité des marges des différents maillons, y compris des marges réelles des distributeurs.

Réglementer les concentrations opérées dans la grande distribution​, que ce soit verticalement (intégration d’outils industriels agroalimentaire) ou horizontalement (création de supra-centrales d’achats).

Favoriser la compétitivité de la filière agroalimentaire en allégeant les charges (notamment en transformant le CICE* en baisse des cotisations sociales, y compris pour les coopératives), en favorisant les investissements et en harmonisant les normes au sein de l’Union Européenne.

Valoriser les démarches RSE ​ainsi que les engagements environnementaux et en faveur du bien-être​ ​animal​ mis en place par la filière agroalimentaire.
*CICE : Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi

Une​ ​alimentation​ ​saine,​ ​sûre,​ ​durable​ ​et​ ​accessible​ ​à​ ​tous

Réviser en profondeur la Loi de Modernisation de l’Économie (LME) qui, en provoquant une guerre des prix, freine l’innovation et les investissements ce qui peut, à terme, diminuer la qualité des produits.

Redonner confiance au consommateurpar une meilleure transparence sur le savoir-faire et les qualités produit, tout en simplifiant les indications sur les emballages.

Mettre en avant les atouts de la traçabilité et la qualité sanitaire des produits alimentaires​ ​français.

Permettre au consommateur d’accéder simultanément à divers circuits de distribution : vente directe à la ferme (qui ne pourra absorber qu’une partie modeste de la production ), magasins de proximité, drive, grandes surfaces, réseaux spécialisés, Internet…

Communiquer sur l’amélioration continue des pratiques des agriculteurs (baisse des intrants chimiques et des antibiotiques, développement de l’agriculture de précision, robotisation, bien-être animal…), qui ont un coût qui doit être pris en compte par les distributeurs et les consommateurs.

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