Producteurs laitiers en cours de conversion en Agriculture Biologique

29 septembre 2017

Interview. André Nédélec et son fils Samuel ont pris la décision de se convertir au bio il y a un an à Ploéven (29). Passionnés de génétique et forts de l’expérience de Samuel qui a travaillé dans de très grandes exploitations en Océanie, ils nous expliquent ici leur démarche.

Dans quelques mois, André et Samuel Nedelec seront en conversion bio.

Comment fonctionne votre exploitation
actuellement ?

Nous avons 55 vaches laitières Prim Holstein et sommes actuellement en cours de conversion (non simultanée) au niveau des cultures. Pour chaque production, il y a des phases de transition : deux ans pour les sols et leurs semences et six mois pour l’animal. Cette première période nous a permis de nous familiariser à une nouvelle organisation. Nous exploitons les terres différemment avec un système de rotation : herbe pâturée, maïs puis céréales.

Pourquoi avez-vous décidé de passer au bio ?

Tout d’abord, la recherche d’autonomie et l’envie de travailler sur l’efficacité économique. L’harmonisation des normes Européennes a permis de rendre le cahier des charges plus attractif en minimisant les dépenses. Nous avons la chance d’avoir un climat adapté qui nous donne la possibilité de valoriser au maximum les pâturages. Côté consommateurs, nous savons que la demande est aujourd’hui supérieure à l’offre et nous sommes convaincus que ce créneau est opportun. Le troupeau est composé de Prim Holstein que nous souhaitons conserver tout en orientant nos choix de taureaux vers un profil plus adapté au système herbager (sélection plus axée sur les membres, les taux et la fertilité). La génomie nous permet d’être plus réactif. Toutes ces conditions réunies nous ont convaincus de passer à une production plus raisonnée et de nous engager dans la démarche.

Quelles sont, à votre avis, les conditions de réussite à cette conversion ?

Il ne suffi t pas de suivre un cahier des charges, c’est un engagement. Cela implique de bien connaître son exploitation et de prendre en considération les incidences techniques et économiques. Il faut prendre le temps de la réflexion, c’est une réelle bascule dans la pratique.
La phase de transition à la certification “Agriculture Biologique” est la plus difficile économiquement car elle implique les charges supplémentaires liées à la nouvelle méthode mais la rémunération n’est pas encore celle attendue.
D’autre part, il est très important de rester en veille permanente des nouvelles techniques, toujours rester à l’affût ! Les portes ouvertes permettent de rencontrer tout un réseau de personnes spécialisées, d’échanger et de profiter de leur expérience pour nous renseigner sur les pratiques biologiques.

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